Le traitement de préservation du bois repose sur la norme NF EN 335, qui définit les classes d'emploi selon les conditions d'utilisation et les risques biologiques. Ce cadre normatif garantit que le bois massif et les matériaux dérivés bénéficient d'une durabilité adaptée à leur usage, qu'il s'agisse de poteaux plantés en sol ou de menuiseries extérieures exposées aux intempéries. La norme NF EN 351 précise quant à elle les exigences de pénétration et de rétention des produits de préservation dans le bois traité.
Quelles sont les classes d'emploi définies par la NF EN 335 ?
La norme NF EN 335 classe les applications du bois selon le degré d'exposition à l'humidité et aux organismes destructeurs. Les produits destinés à être plantés dans le sol – poteaux, piquets – subissent de fortes contraintes d'humidité dues aux variations climatiques. Pour ces usages, il est recommandé d'effectuer un traitement en classe 4SP, qui confère une protection renforcée aux produits exigeant une forte durabilité.
Les classes d'emploi permettent aux professionnels du holzbau et de la construction bois de choisir le niveau de traitement adapté : bois en intérieur protégé, bois extérieur sous abri, bois en contact avec le sol ou immergé dans l'eau douce. Chaque classe correspond à une exigence spécifique de pénétration du produit biocide dans le matériau, conformément à la norme NF EN 351.
Comment fonctionne le procédé d'imprégnation en autoclave ?
Les produits sont imprégnés par le procédé de traitement en autoclave vide et pression avec un produit à base de cuivre organique, certifié CTB-P+ dans le respect des exigences environnementales. L'imprégnation est réalisée conformément aux normes EN 335 et EN 351, qui définissent les classes d'emploi et l'imprégnabilité selon les essences.
Le processus se déroule en plusieurs étapes clés :
- Vide initial : le bois est chargé dans l'autoclave et un vide est appliqué pour expulser l'air des cellules du bois.
- Injection sous vide : l'autoclave est rempli, sous vide, avec la solution de traitement.
- Pression hydraulique : une pression est appliquée, forçant le produit de préservation à pénétrer en profondeur dans le bois.
- Vide final : cette étape permet d'extraire l'excès de produit de préservation, lequel est renvoyé vers la cuve de stockage.
- Ressuyage : retour à la pression atmosphérique pour favoriser le ressuyage superficiel du bois traité.
Ce cycle garantit une répartition homogène du biocide dans le volume du bois et une rétention conforme aux exigences de la classe d'emploi visée. Les entreprises de scierie et de transformation peuvent également recourir à un traitement à façon, adapté à l'utilisation future du produit et à l'essence de bois concernée.
Que garantissent les certifications CTB-P+ et CTB-B+ ?
Les marques CTB-P+ et CTB-B+, portées par l'Institut technologique FCBA, célèbrent en 2025 leurs 35 ans d'existence. Nées en 1990, elles se sont imposées comme des références incontournables pour les acteurs du traitement et de la préservation du bois.
CTB-P+ porte sur les produits de préservation des bois, destinés à protéger le matériau des organismes détruisant ou altérant son aspect (champignons, insectes dont termites) ou à enrayer une attaque de ces organismes. Elle atteste leur efficacité, leur sécurité ainsi que leur conformité à la réglementation européenne. La certification représente aujourd'hui 17 titulaires et 77 produits.
CTB-B+ atteste l'aptitude à l'emploi du bois dans les ouvrages de bâtiment et de génie civil. Elle garantit que la durabilité conférée par traitement rend le bois, intérieur ou extérieur, apte à l'usage pour la ou les classes d'emploi visées. Les utilisateurs ont ainsi la certitude de disposer d'un bois bien préservé pour la performance attendue, avec un usage maîtrisé des produits biocides respectant les aspects sanitaires et environnementaux. Elle représente aujourd'hui 65 titulaires et 0,7 millions de m³ de produits certifiés, fabriqués dans le monde entier.
Quelles évolutions techniques depuis 1990 ?
Les certifications CTB-P+ et CTB-B+ ont accompagné toutes les transformations du secteur. Dès 1994, les enjeux santé et environnement sont intégrés dans la marque CTB-P+. En 2004, la certification des produits à base de cuivres organiques a permis le remplacement des CCA. En 2007, une classe d'emploi 4SP a été définie pour des usages du bois en extérieur spécifiques, dont la protection doit être renforcée. En 2012, avec l'entrée en vigueur du Règlement Biocides, les certifications s'inscrivent dans une approche raisonnée du traitement des bois, prônant « la juste dose pour le bon usage ».
Pour les professionnels de la construction bois et du fenêtre et porte, le choix d'un bois certifié CTB-B+ garantit une meilleure durabilité du produit. Les fabricants de produits de préservation, tels que Remmers ou Osmo, proposent des solutions conformes à ces exigences. Les entreprises spécialisées offrent par ailleurs un service de traitement à façon, permettant aux transformateurs de faire traiter leur bois selon l'utilisation future et l'essence concernée.
La compréhension des normes NF EN 335 et NF EN 351, associée aux certifications CTB-P+ et CTB-B+, constitue un socle technique indispensable pour garantir la pérennité des ouvrages en bois, en particulier dans les applications à forte contrainte biologique et climatique. Les articles sur le comportement hygroscopique du bois et sur la mesure de l'humidité du bois complètent utilement cette approche en abordant les conditions d'équilibre hygroscopique et les méthodes de mesure pertinentes pour la mise en œuvre.




