Le bois traité en autoclave vide-pression offre une protection efficace contre les agressions biologiques – insectes xylophages, termites et champignons. Pour les menuisiers, charpentiers et fabricants d'aménagements extérieurs, comprendre les exigences de pénétration et de rétention selon la norme NF EN 351 garantit un traitement de qualité adapté aux classes d'emploi 3 et 4. Ce procédé permet d'utiliser massivement des résineux français pour les terrasses, bardages, clôtures et charpentes exposées, là où la durabilité naturelle de l'aubier serait insuffisante.
Qu'est-ce que le traitement autoclave et comment fonctionne-t-il ?
Le traitement autoclave consiste à injecter un produit insecticide et fongicide à l'intérieur du bois, dans la partie aubier, par un procédé vide-pression. Contrairement au trempage superficiel, ce procédé garantit une pénétration en profondeur qui protège durablement le bois contre les insectes, termites et champignons, même en exposition permanente à l'humidité.
Le cycle de traitement se déroule en plusieurs étapes : après s'être assuré que le bois est sec (taux d'humidité d'environ 25 %), les pièces sont placées dans un autoclave. Un vide initial évacue l'air des pores, puis le produit de préservation est introduit sous pression pour imprégner l'aubier. Ce procédé permet d'atteindre la pénétration et la rétention exigées par les normes EN 335-2 et NF B 50-105-3.
Classes d'emploi : quelle utilisation pour quel traitement ?
Les classes d'emploi définissent les usages possibles des bois et les risques biologiques correspondants. Pour vos projets, deux classes sont particulièrement pertinentes :
- Classe 3 : Bois placé en extérieur, soumis à des alternances rapides d'humidité et de séchage. Concerne les menuiseries, bardages et revêtements extérieurs. L'humidité du bois dépasse fréquemment 20 %.
- Classe 4 : Bois placé en extérieur, soumis à une humidité fréquente ou permanente, en contact avec le sol ou immergé dans l'eau douce. Utilisé pour les clôtures, poteaux et terrasses. L'humidité du bois est toujours supérieure à 20 %.
Le traitement superficiel par trempage court, appliqué par bacs ou aspersion, correspond aux classes d'emploi 2 et 3.1 pour les bois abrités. En revanche, pour une exposition continue aux intempéries et au contact du sol, seul le traitement autoclave vide-pression atteint les classes 3.2 et 4.
Quelles essences choisir pour un traitement classe 4 ?
Toutes les essences ne se prêtent pas au traitement autoclave. Chaque essence se caractérise par sa durabilité naturelle et son impregnabilité – sa capacité à recevoir une protection complémentaire. Le pin maritime et le pin sylvestre possèdent une très bonne impregnabilité qui leur permet d'atteindre une classe 4 d'emploi par traitement autoclave. D'autres résineux, tels que le sapin, l'épicéa ou le douglas, présentent une moindre impregnabilité et ne peuvent atteindre que des classes 3 d'emploi.
Pour assurer une imprégnation optimale, il faut que le bois soit doté d'une forte proportion d'aubier. Cette partie jeune du bois, située entre l'écorce et le duramen, se laisse facilement pénétrer par le produit de préservation. L'aubier protège ainsi le cœur du bois, non imprégnable, et garantit une meilleure longévité. À l'inverse, le bois parfait (duramen) reste imperméable aux produits de traitement, même sous pression.
Exigences de pénétration selon NF EN 351 et NF B 50-105-3
La norme NF B 50-105-3 définit des exigences françaises de pénétration et de rétention permettant de garantir un traitement de qualité. Ces exigences varient selon la classe d'emploi visée. L'impregnabilité du bois peut être évaluée en se référant à la norme EN 350, qui utilise les mêmes critères que pour la durabilité naturelle.
Pour une classe 4, un bois sec et une essence imprégnable (pin maritime, pin sylvestre, pin laricio) sont indispensables. Le procédé d'imprégnation par vide et pression doit permettre au produit de traitement de pénétrer dans toute l'épaisseur de l'aubier, afin de répondre aux objectifs des normes.
Critères de qualité : ne vous fiez pas uniquement à la couleur
Plusieurs idées reçues circulent sur le traitement autoclave. La couleur du produit à la surface du bois – vert, marron ou gris – n'est pas un critère de qualité. Lors de recoupes de bois, il faut vérifier si le produit a bien pénétré dans tout l'aubier. La mention « CTB » seule est trompeuse, et « CTB P+ » insuffisante : il est impératif d'avoir la mention complète CTB B+, qui atteste d'une station de traitement certifiée.
Le choix du produit de traitement joue un rôle déterminant. Un produit attesté par la marque CTB P+ est un gage de qualité et de respect des normes environnementales. Ce produit doit être dilué avec de l'eau à une concentration suffisante pour répondre à la classe d'emploi visée. La pression de traitement autoclave, souvent mise en avant, n'est pas un critère suffisant à elle seule.
Vérifications avant traitement : humidité et proportion d'aubier
Avant de procéder au traitement, vérifiez que les bois sont secs : les pores doivent être libérés de l'eau qu'ils contiennent, afin de laisser place au produit d'imprégnation. Un taux d'humidité d'environ 25 % est requis. La séchage du bois en amont du traitement est donc une étape essentielle, souvent assurée par les scieries et stations de traitement.
Ensuite, assurez-vous que le bois comporte une proportion suffisante d'aubier. Un résineux jeune, avec une large bande d'aubier, offrira une meilleure protection à long terme qu'une pièce à dominante de duramen, même si l'essence est théoriquement imprégnable.
Attention aux spécifications variables selon les pays
Les exigences de traitement pour une même classe d'emploi ne sont pas toujours équivalentes d'un pays à l'autre. Les spécifications de traitement pour la classe 4 diffèrent entre la Belgique, les pays de l'Europe de l'Est et la France. Lorsque vous achetez du bois traité, vérifiez que le traitement répond bien aux exigences françaises, notamment la norme NF B 50-105-3.
De même, le traitement autoclave n'est qu'un procédé d'application, pas un produit de traitement en soi. Deux bois « traités autoclave » peuvent offrir des niveaux de protection très différents selon l'essence, la concentration du produit, la pénétration atteinte et la certification de la station.
Avantages pratiques pour vos chantiers
Outre la protection biologique, le traitement autoclave confère une teinte au bois – vert, marron ou gris – qui tient bien dans le temps et génère un vieillissement progressif et uniforme. Cette caractéristique esthétique est particulièrement appréciée pour les bardages, terrasses et clôtures. Le traitement par autoclave permet également d'utiliser massivement des résineux français pour les marchés d'aménagement extérieur, réduisant ainsi la dépendance aux essences tropicales durables naturellement, mais coûteuses et moins écologiques.
Pour vos projets de construction en extérieur, privilégiez toujours un bois traité dans une station certifiée CTB B+, en vous assurant que l'essence choisie et le procédé d'imprégnation correspondent à la classe d'emploi exigée. Cette vigilance garantit la longévité de vos ouvrages et la satisfaction de vos clients.




