Le traitement autoclave permet de rendre les bois résineux aptes à un usage extérieur en classe d'emploi 3 ou 4, c'est-à-dire exposés aux intempéries ou en contact avec le sol. Ce procédé combine le vide et la pression pour faire pénétrer un produit de préservation insecticide et fongicide dans l'aubier des essences imprégnables. Le pin sylvestre, l'épicéa et le douglas sont les principales essences concernées. Contrairement au trempage ou à l'aspersion, qui ne traitent qu'en surface et se limitent aux classes d'emploi 1 à 3, l'autoclave imprégnation en partie ou en totalité de l'aubier, garantissant une durabilité qui peut atteindre plusieurs décennies.
Comment fonctionne l'autoclave : les étapes du procédé
Le bois est introduit dans un grand tube sous pression, appelé autoclave. Le procédé se déroule en plusieurs étapes successives. D'abord, un vide d'air est créé dans le tube afin d'extraire l'eau du bois. Ensuite, l'autoclave est rempli de produit de préservation, que l'on met sous pression pour accélérer et optimiser la pénétration dans le bois. Le bois est ainsi traité jusqu'au cœur, ou du moins dans toute la partie périphérique, l'aubier, qui n'est jamais durable par nature. Une fois l'imprégnation réalisée, on vide le produit et on applique de nouveau un vide d'air afin d'enlever le surplus du produit et obtenir un bois ressuyé en surface.
Le duramen, le cœur du bois, est plus dense et moins imprégnable, mais il est aussi naturellement plus résistant. L'objectif du traitement est donc de protéger l'aubier, la partie la plus vulnérable aux attaques biologiques. Le produit de préservation se fixe dans les cellules du bois et le protège contre les insectes xylophages et les champignons. Cette technique permet une meilleure imprégnation du produit de protection et le rend plus durable qu'un bois traité par aspersion ou trempage.
Classe 3 ou classe 4 : quelle différence pour vos projets ?
Les classes d'emploi décrivent l'exposition du bois, non sa performance intrinsèque. La classe 3 concerne les bois exposés aux intempéries, sans contact avec le sol ni rétention d'eau permanente. On y trouve les bardages de façade, les lames de terrasse sur lambourdes ventilées et les assemblages de charpente exposés. La classe 4, elle, désigne les bois en contact avec le sol, l'eau douce ou toute situation d'humidité permanente : poteaux de clôture, piquets, retenues de terre, lambourdes au sol ou caillebotis sans ventilation.
Le choix de la classe d'emploi doit précéder le choix de l'essence. Le pin sylvestre se laisse imprégner jusqu'à la classe 4 grâce à son aubier perméable. L'épicéa, peu imprégnable, se préserve généralement en classe 3.1. Le douglas est traité pour protéger son aubier, la partie périphérique du tronc, même si son duramen est naturellement plus résistant. Pour les ouvrages certifiés CTB-B+, la protection couvre aussi les termites, ce qui compte dans les départements couverts par un arrêté préfectoral délimitant les zones de présence de ces insectes.
Normes NF EN 351 et certification CTB-B+ : quelles garanties ?
La directive Biocides 98/8/CE a réglementé des utilisations mal maîtrisées des traitements du bois, permettant la disparition de substances très nocives utilisées depuis plus de cinquante ans, comme l'arsenic. Le marquage CE est régi par la norme NF EN 15228, qui porte sur le traitement du bois contre les attaques biologiques. Il valide les exigences en termes de résistance aux agents pathologiques, vérifie les origines et les quantités de substances actives et atteste de la réaction au feu et de la rigidité du bois.
La marque de qualité CTB-B+ répond aux exigences de la directive Biocides 98/8/CE. Elle est délivrée par le FCBA (Institut technologique Forêt Cellulose Bois de construction Ameublement), un organisme d'État accrédité. Cette marque atteste de la performance du processus d'imprégnation du bois. Elle vérifie la conformité des différents facteurs influant sur la qualité du traitement, notamment la qualité du matériel et l'humidité du bois. Les performances des bois sont assurées en termes de durabilité, de respect de l'environnement et de santé.
- Garantie de préservation : dix ans sur les ouvrages certifiés CTB-B+
- Durabilité estimée : jusqu'à cinquante ans si l'ouvrage est bien conçu et les coupes retraitées
- Protection étendue : insectes xylophages, champignons et termites dans les zones concernées
Entretien et finition : ce qu'il faut savoir
Le traitement autoclave permet aussi de colorer ou teinter le bois. Si le vert est très commun lors du procédé d'autoclave, il est possible de changer le coloris du bois grâce à différents procédés chimiques. Cette teinte initiale ne fige cependant pas l'évolution du bois : vert, brun, gris ou rose, le bois grise avec le temps, et cette évolution ne dit rien de l'état de sa protection. Le grisaillement est une modification de surface qui n'altère pas la préservation en profondeur.
En plus d'un traitement autoclave, il est conseillé de procéder à l'entretien de son bois afin d'éviter le grisaillement, avec l'aide d'un saturateur, par exemple. Le bois autoclavé n'a besoin que d'un nettoyage à l'eau claire pour vieillir proprement. Il est également possible de peindre ou saturer un bois autoclavé, à condition de respecter les délais de ressuyage et d'utiliser des produits compatibles avec le traitement préalable. Les coupes réalisées sur chantier doivent être retraitées avec un produit de préservation adapté, car elles exposent l'aubier non protégé.
Alternatives au traitement chimique
Le traitement autoclave n'est pas la seule voie vers un bois durable en extérieur. Certaines essences le sont par la nature de leur duramen : le robinier, le châtaignier, le chêne ou le mélèze possèdent une résistance naturelle aux attaques biologiques et n'ont pas besoin de traitement pour un usage extérieur. Le thermo-traitement, qui stabilise le bois par la chaleur sans produit chimique, constitue une troisième option. Ce procédé modifie la structure cellulaire du bois et améliore sa résistance à l'humidité et aux champignons, tout en offrant une teinte brune homogène.
Pour les projets de façade, de terrasse ou de clôture, le choix entre essence naturellement durable, bois traité autoclave et bois thermo-traité dépend du budget, des exigences esthétiques et de la durabilité recherchée. Le traitement autoclave reste la solution la plus courante pour les essences résineuses locales comme le pin sylvestre, dont le rapport coût-durabilité est particulièrement favorable pour les ouvrages de classe 3 et 4.





