Les constructions à ossature bois ne sont soumises à aucune réglementation acoustique spécifique en France. Elles doivent respecter les mêmes textes que les bâtiments en béton ou en maçonnerie, selon l'usage du bâtiment : logement, enseignement, santé ou hôtellerie. L'arrêté du 30 juin 1999, qui constitue la Nouvelle Réglementation Acoustique (NRA), définit les exigences minimales en matière d'isolement acoustique pour garantir le confort des occupants et limiter les nuisances sonores.
Quelles sont les exigences réglementaires pour le logement collectif ?
Pour les logements collectifs neufs, la réglementation fixe trois seuils d'isolement acoustique distincts. Ces valeurs s'appliquent indépendamment du matériau de construction employé :
- Isolement aux bruits aériens extérieurs : DnT,A,Tr = 30 dB minimum. Cette mesure concerne les bruits provenant de l'extérieur du bâtiment, tels que le trafic routier, ferroviaire ou aérien.
- Isolement aux bruits aériens intérieurs : DnT,A = 53 dB minimum entre deux logements. Elle vise les sons transmis par l'air depuis les locaux voisins : conversations, télévision, musique.
- Isolement aux bruits de chocs : L'nT,w ≤ 58 dB entre deux logements. Contrairement aux deux premières, cette valeur constitue un maximum à ne pas dépasser. Elle concerne principalement les bruits de pas ou la chute d'objets sur le plancher.
Une quatrième exigence porte sur l'acoustique des circulations communes : il est nécessaire de prévoir une aire d'absorption équivalente dans l'ensemble des espaces de circulation intérieurs qui donnent sur des logements, afin de limiter la réverbération du bruit.
Évolution de la réglementation acoustique française
La première réglementation acoustique applicable aux bâtiments d'habitation neufs a été instaurée par l'arrêté du 14 octobre 1969. Elle a été renforcée par l'arrêté du 28 octobre 1994, puis mise en conformité avec les normes européennes par l'arrêté du 30 juin 1999. Ce dernier texte, toujours en vigueur, a modifié la forme des exigences sans en changer les niveaux. Un excès de bruit régulier peut entraîner des troubles du sommeil, une augmentation de la fatigue, du stress et même des pathologies cardiovasculaires.
Les solutions constructives bois validées par ACOUBOIS
La filière bois a mené pendant quatre ans une démarche pluridisciplinaire nommée ACOUBOIS, financée par le CODIFAB. Ce projet a établi une cartographie précise des performances acoustiques de la construction bois et propose aux concepteurs une approche prédictive pour estimer l'isolement au bruit aérien et au bruit d'impact à l'intérieur des édifices.
Les résultats ont été restitués dans une synthèse et cinq rapports techniques. ACOUBOIS a permis l'intégration de solutions constructives bois dans le référentiel Cerqual Qualitel. Les données ont été valorisées sur le site www.catalogue-construction-bois.fr, accessible aux concepteurs et bureaux d'études. Le projet contribue également à faire évoluer la normalisation européenne en intégrant des règles de modélisation acoustique pour les systèmes constructifs à base de bois, aboutissant à la création d'un module bois dans le logiciel Acoubat développé par le CSTB.
Murs extérieurs et parois séparatives : performances acoustiques attendues
Pour respecter l'isolement de 30 dB aux bruits aériens extérieurs, la façade du bâtiment doit comporter des éléments avec de bonnes performances acoustiques. Les concepteurs doivent porter une attention particulière au choix des menuiseries et à la continuité de l'isolant dans l'enveloppe.
Concernant les murs séparatifs entre logements, l'exigence de 53 dB nécessite des parois avec une masse surfacique adaptée et, souvent, une désolidarisation acoustique. Certains matériaux et techniques de construction permettent de limiter fortement la propagation du bruit entre locaux voisins, notamment par l'utilisation de parements multiples et de lames d'air.
Planchers intermédiaires et limitation des bruits de chocs
Les planchers entre logements constituent un point sensible en construction bois. La limitation des bruits de chocs à 58 dB maximum impose l'utilisation de solutions techniques efficaces : revêtements de sol résilients, chapes flottantes ou plafonds suspendus sur ressorts. Les planchers à ossature bois peuvent atteindre les performances réglementaires avec une conception adaptée intégrant une désolidarisation acoustique entre le plancher porteur et les revêtements de finition.
Pour les circulations communes, l'aire d'absorption équivalente peut être obtenue par la mise en œuvre de matériaux absorbants sur les parois ou les plafonds, évitant ainsi la réverbération excessive du bruit dans les cages d'escalier et les couloirs.
Approche prédictive et outils de conception
L'approche prédictive développée dans le cadre d'ACOUBOIS permet aux maîtres d'œuvre et bureaux d'études de vérifier la conformité acoustique dès la phase de conception. Cette méthode facilite l'optimisation des parois et planchers sans recourir systématiquement à des essais en laboratoire coûteux. Le catalogue en ligne mis à disposition par la filière recense les caractéristiques acoustiques de différents systèmes constructifs bois, facilitant le choix des solutions techniques adaptées à chaque projet.
La maîtrise de l'acoustique en construction bois repose sur une conception rigoureuse, intégrant dès les premières esquisses les exigences d'isolement. Les solutions techniques existent et ont fait leurs preuves : l'enjeu consiste à les choisir en fonction des contraintes architecturales et budgétaires du projet, en s'appuyant sur les ressources validées par la filière.





