L'assemblage tenon-mortaise est l'assemblage ancestral que l'on trouve sur les charpentes traditionnelles de tout temps. Cette liaison transmet des efforts de compression ou de cisaillement entre deux pièces inclinées l'une par rapport à l'autre, avec un angle compris entre 60° et 120°.

L'assemblage repose sur l'encastrement d'une partie mâle, le tenon, dans une entaille femelle, la mortaise. La stabilité en cas d'inversion d'effort est assurée par un dispositif complémentaire de type pointe ou boulon. Les chevilles à tire permettent une mise en place avec une légère précontrainte.

Il existe plusieurs variantes : tenon-mortaise à vif (sans arasement), traversant ou non traversant, à épaulement classique ou renforcé.

Plusieurs déclinaisons répondent à des besoins techniques ou esthétiques particuliers. Le tenon-mortaise débouchant à clef bloque l'assemblage quand il est soumis à la traction et apporte, apparent, un côté esthétique. Le tenon-mortaise « mordâne » ou « bec de canard » est utilisé dans les planchers au droit des linçoirs pour renforcer le tenon ; sa réduction progressive empêche les concentrations de contraintes. Le tenon-mortaise « à chaperon » ou « à barbe » porte un épaulement oblique et prolongé, utile quand la pièce présente un flache au droit de la mortaise. Le tenon-mortaise « à paume » porte un épaulement dessous et est coupé obliquement à son extrémité. Le faux tenon ou « pigeon » constitue une liaison entre pièces coupées en onglet ou droites parallèles. Le tenon dit « oulice » se retrouve sur les maisons à pans de bois ou à colombage : l'about du tenon n'est pas coupé à l'arasement mais d'équerre par rapport à la face.

Les assemblages en tenon-mortaise sont interdits dans les ouvrages d'extérieur tels que pergola ou terrasse, afin d'éviter les retenues d'eau.