Le traitement par double vacuumatisation est un procédé d'imprégnation sous basse pression qui permet de protéger le bois contre les agents biologiques de dégradation tout en préservant sa stabilité dimensionnelle. Cette méthode s'impose notamment pour les bois secs destinés à une utilisation en classe 3, comme les fenêtres, les châssis de portes, les bardages ou les balcons en bois.

Contrairement au procédé autoclave classique, le traitement par double vacuumatisation réduit considérablement l'absorption de produit de préservation, ce qui permet au bois de conserver ses propriétés géométriques et mécaniques. Cette caractéristique en fait un choix privilégié pour les menuiseries extérieures et les applications où la stabilité dimensionnelle est critique.

Comment fonctionne le procédé de double vacuumatisation ?

Le procédé de double vacuumatisation se déroule en trois étapes distinctes dans une cuve de traitement. Le bois est d'abord soumis à un vide initial court et relativement faible, qui permet d'extraire partiellement l'air contenu dans les cellules du bois. Cette première phase prépare le matériau à recevoir le produit de préservation.

La cuve de traitement est ensuite inondée de solution de préservation et ramenée à la pression normale. À ce stade, le produit pénètre dans le bois par simple imprégnation à pression atmosphérique, sans recourir à une surpression comme dans le procédé autoclave. Cette différence est déterminante : l'absorption de produit de préservation est ainsi fortement réduite par rapport au procédé classique sous vide et pression.

Dans le vide final, la solution excédentaire est retirée pour donner au bois une surface relativement sèche. Cette dernière étape est essentielle pour obtenir un produit fini prêt à être usiné, assemblé ou fini sans délai de séchage prolongé.

Quelles applications pour la double vacuumatisation ?

Le procédé trouve son application principale dans le traitement des bois de construction destinés à une utilisation en classe 3 selon la norme EN 335, c'est-à-dire des bois exposés aux intempéries sans contact avec le sol. Les fenêtres et châssis de portes constituent les produits emblématiques de cette méthode : ils nécessitent une protection durable tout en conservant une stabilité géométrique rigoureuse pour garantir l'étanchéité et le bon fonctionnement des systèmes d'ouverture.

  • Fenêtres et châssis de portes en classe 3
  • Bardages et revêtements de façade
  • Balcons et terrasses en bois
  • Bois de construction exposés aux intempéries

D'autres gammes telles que le bois de construction, les bardages et les balcons en bois sont également traités par le procédé de double vacuumatisation. Dans tous les cas, l'objectif est de limiter l'apport de produit de préservation tout en garantissant une protection conforme aux exigences de la classe d'emploi.

Évolution des produits de préservation utilisés

Historiquement, seuls les produits de préservation à base de solvants étaient utilisés dans ce procédé basse pression. Ces formulations offraient l'avantage d'une pénétration rapide et d'un séchage accéléré, compatible avec les impératifs de production industrielle.

Toutefois, l'usage des produits à base d'eau s'est récemment développé pour réduire la pollution causée par les solvants. Cette évolution s'inscrit dans une démarche de réduction de l'empreinte environnementale des traitements de préservation du bois, tout en respectant les exigences de performance fixées par la norme EN 351 sur les traitements de préservation du bois.

Avantages du procédé pour l'industrie de la menuiserie

Pour les fabricants de fenêtres et de portes, la double vacuumatisation présente plusieurs atouts opérationnels. La faible absorption de produit de préservation limite les variations dimensionnelles du bois après traitement, ce qui facilite l'usinage ultérieur et réduit le risque de déformation des composants.

La surface relativement sèche obtenue en fin de processus permet également un assemblage rapide et une finition directe, sans attente prolongée. Cette caractéristique s'avère particulièrement avantageuse dans les flux de production industriels où chaque étape est optimisée pour minimiser les temps de cycle.

Enfin, la réduction de l'apport de produit de préservation par rapport au procédé autoclave classique présente un intérêt économique et environnemental : moins de produit consommé, moins de rejets à traiter, et une maîtrise accrue des coûts de production.

Conformité normative et classes d'emploi

Le procédé de double vacuumatisation s'inscrit dans le cadre normatif défini par la norme EN 351, qui précise les exigences relatives aux traitements de préservation du bois. Cette norme fixe les niveaux de pénétration et de rétention minimale de produit actif nécessaires pour garantir la durabilité du bois en fonction de sa classe d'emploi.

Pour les applications en classe 3, le traitement doit assurer une protection contre les champignons de pourriture et les insectes xylophages, tout en tolérant les variations d'humidité liées aux cycles d'exposition aux intempéries. La double vacuumatisation répond à ces exigences en combinant efficacité biologique et respect de l'intégrité mécanique du matériau.