Le test d'infiltrométrie — appelé également test d'étanchéité à l'air — mesure les fuites d'air parasites d'un bâtiment. Il constitue une obligation réglementaire à la livraison de toute construction soumise à la RE2020 : sans test conforme, l'attestation finale ne peut être délivrée. Au-delà du cadre réglementaire, ce test fournit un indicateur clé de la qualité de mise en œuvre, notamment pour l'isolation, les menuiseries et les raccordements. Un bâtiment étanche offre des performances énergétiques supérieures, un meilleur confort thermique et une durabilité accrue.

Principe et méthode du test d'infiltrométrie

Le test d'infiltrométrie repose sur une méthode normée définie par la norme NF EN ISO 9972 et la norme NF EN 13829, conforme aux règles Th-BCE. L'opération consiste à mettre le bâtiment en sous-pression ou en surpression via une porte soufflante équipée d'un ventilateur calibré. Cette mise en pression permet de mesurer le débit de fuite d'air traversant l'enveloppe sous un écart de pression donné.

La perméabilité à l'air d'une construction caractérise la sensibilité du bâtiment vis-à-vis des écoulements aérauliques parasites causés par les défauts d'étanchéité de son enveloppe. Elle se quantifie par la valeur du débit de fuite sous un écart de pression spécifique. Dans la réglementation thermique, ce paramètre est caractérisé par un coefficient appelé Q4Pa-surf, qui représente le débit de fuite par m² de surface déperditive hors plancher bas sous une dépression de 4 Pa, exprimé en m³/(h.m²).

Seuils réglementaires en vigueur

La RE2020 impose des seuils stricts de perméabilité à l'air pour garantir la performance énergétique des bâtiments neufs. Les valeurs maximales autorisées sont les suivantes :

  • Maison individuelle : ≤ 0,6 m³/(h.m²), avec une mesure obligatoire à la réception.
  • Logement collectif : ≤ 1,0 m³/(h.m²), également avec mesure obligatoire à la réception.
  • Bâtiments tertiaires : seuils définis selon l'usage et les objectifs prévus dans le cahier des charges technique.

Ces seuils correspondent au débit de fuite sous 4 Pascals, rapporté à la surface de l'enveloppe. Pour les bâtiments à usage d'habitation, la valeur de perméabilité à l'air est obtenue soit par mesure, soit en adoptant une démarche de qualité certifiée de l'étanchéité à l'air du bâtiment. Pour les bâtiments tertiaires et industriels ou artisanaux — hors immeubles de grande hauteur et hors bâtiments dont la surface de référence dépasse 3 000 m² — la mesure est obligatoire.

Déroulement du test sur chantier

Le test d'infiltrométrie nécessite une préparation rigoureuse. Le bâtiment doit être hors d'eau et hors d'air, avec une enveloppe terminée, les menuiseries posées et les joints réalisés. Une check-list préalable est généralement fournie par le bureau d'études pour s'assurer du respect de ces conditions.

L'opérateur procède ensuite à la mise en pression du bâtiment selon la méthode 3 de la norme NF EN ISO 9972. Une porte soufflante équipée de capteurs de pression est installée dans une ouverture de l'enveloppe. Le ventilateur crée une différence de pression permettant de mesurer le débit de fuite. Lorsque le débit est mesuré à 50 Pa, il est converti en valeurs réglementaires n50 et Q4Pa-surf à l'aide de la formule : Q4Pa-surf = 0,07 × Q50 / Sdep, où Sdep désigne la surface déperditive.

En complément de la mesure, la détection des fuites peut être réalisée par fumigène ou caméra thermique. Cette étape permet d'identifier précisément les zones à corriger avant la livraison. Le bureau d'études remet ensuite un rapport conforme au modèle réglementaire, exploitable pour l'attestation RE2020 et la documentation finale du bâtiment.

Planification et contrôle de la ventilation

Deux moments clés permettent de programmer un test d'infiltrométrie. Le test intermédiaire, recommandé avant la pose des doublages et des plafonds, permet de détecter et de corriger les fuites tant que l'enveloppe reste accessible, ce qui réduit les coûts de reprise. Le test de réception, réalisé à l'achèvement des travaux, fournit la mesure réglementaire exigée pour l'attestation RE2020 jointe à la déclaration d'achèvement et de conformité des travaux.

Depuis l'entrée en vigueur de la RE2020, les systèmes de ventilation des logements neufs doivent être vérifiés à l'achèvement des travaux. Ce contrôle peut être réalisé lors du même passage que le test d'infiltrométrie. Il comprend un contrôle visuel de la conformité de l'installation — caisson, réseaux, bouches d'extraction et entrées d'air — ainsi que des mesures de débits et de pressions aux bouches, selon le protocole réglementaire. Le rapport de contrôle de la ventilation est exploitable pour l'attestation RE2020 de fin de chantier.

Enjeux pour la construction bois

L'étanchéité à l'air revêt une importance particulière pour les bâtiments à ossature bois, dont l'enveloppe présente davantage de jonctions entre éléments préfabriqués. Les défauts de raccordement entre panneaux, menuiseries et éléments de génie technique peuvent entraîner des fuites importantes. La qualité de mise en œuvre conditionne donc directement la performance énergétique globale.

En cas de résultat non conforme, les fuites identifiées doivent être corrigées avant qu'une nouvelle mesure soit réalisée pour obtenir un résultat conforme. Les bureaux d'études spécialisés en infiltrométrie accompagnent généralement les maîtres d'œuvre dès la phase de conception, en fournissant des conseils de mise en œuvre destinés à viser un résultat conforme dès la première mesure. La maîtrise de l'étanchéité à l'air participe ainsi à l'amélioration continue de la qualité de la construction bois dans le contexte des réglementations environnementales.