Le DTU 31.2 (Document Technique Unifié) constitue le référentiel français pour l'exécution d'ouvrages à ossature bois stabilisés par diaphragmes. Publié dans sa version de mai 2019 par l'AFNOR, il fixe les clauses types de mise en œuvre pour les maisons et bâtiments à structure bois jusqu'à R+3, couvrant les murs verticaux porteurs et/ou contreventants, les planchers, toitures et modules préfabriqués. Le document travaille en synergie avec l'Eurocode 5, qui régit les calculs de dimensionnement des structures bois.
Quel est le domaine d'application du DTU 31.2 ?
Le DTU 31.2 traite des éléments de murs verticaux avec possibilité d'inclinaison, porteurs et/ou contreventants et/ou séparatifs, mis en œuvre par édification sur site ou par préfabrication d'éléments assemblés ensuite sur chantier. Les parois – planchers, toitures, éléments inclinés – sont constituées d'éléments d'ossature en bois espacés au maximum de 600 mm, avec des panneaux à base de bois fixés sur un ou deux côtés. Le texte encadre également les parties d'ouvrages sous forme de modules tridimensionnels.
Le document couvre les spécifications des bois massifs et panneaux (OSB, contreplaqué, panneaux de particules), la mise en œuvre des lisses, montants, traverses et linteaux, ainsi que les règles d'assemblage et de fixation essentielles pour assurer le contreventement – la résistance du bâtiment aux déformations causées par le vent ou les secousses sismiques.
Quelles sont les exigences de contreventement ?
La partie 1-1 du DTU (Cahier des Clauses Techniques Types) impose l'installation de voiles travaillants obligatoires : panneaux OSB d'épaisseur ≥ 9 mm de classe OSB/3 ou panneaux contreplaqué ≥ 8 mm CTBX. La fixation s'effectue par pointes annelées de diamètre 2,8 mm avec un entraxe de 150 mm en périphérie et 300 mm dans les zones courantes. La surface de contreventement doit représenter au minimum 15 % de la surface du mur pour un bâtiment R+1, et ≥ 20 % pour les bâtiments R+2 à R+3.
Le choix des pointes et agrafes est strictement défini : pour assurer une résistance à l'arrachement suffisante, les fixations doivent être annelées ou crantées, galvanisées à chaud ou en acier inoxydable si la classe d'emploi du bois ou l'exposition l'exigent. La pénétration dans le montant (bois de structure) doit atteindre au moins 35 à 40 mm.
Comment garantir l'étanchéité à l'air et la gestion de la vapeur d'eau ?
Le DTU 31.2 exige la pose d'une membrane pare-vapeur côté chauffé, en continu, avec une résistance à la diffusion de vapeur d'eau Sd ≥ 18 m. Le recouvrement des lés doit être ≥ 100 mm avec scotch adhésif, et les traversées (gaines électriques, tuyauteries) doivent être calfeutrées par manchons adhésifs. La version de 2019 introduit deux méthodes de gestion de la diffusion de vapeur : la règle dite du « facteur 5 » et la règle « Sd = 18 m », avec la possibilité d'utiliser des voiles travaillant comme barrière à la diffusion en substitution des pare-vapeur souples.
Le test d'étanchéité à l'air est obligatoire pour les maisons individuelles soumises à la RT2012 ou la RE2020 : le débit de fuite Q4 Pa-surf doit être ≤ 0,6 m³/h.m² sous 4 Pa, conformément à la norme NF EN 13829. Cette exigence garantit la performance énergétique globale du bâtiment et limite les risques de condensation interstitielle dans les parois.
Quelles sections de montants et quelles isolations ?
Les montants d'ossature doivent présenter des sections de 45 × 120 mm ou 45 × 145 mm en classe C18 minimum (C24 recommandé), avec un entraxe de 40 à 60 cm selon les charges et le type de panneaux. La lisse basse, en contact avec la maçonnerie, doit être traitée en classe 2, tandis que les lisses haute et intermédiaires conservent la même section que les montants. Les poteaux d'angle, soumis à des contraintes particulières, sont renforcés en 90 × 145 mm.
L'isolation thermique continue entre montants est obligatoire : laine minérale avec R ≥ 4 m².K/W (145-160 mm d'épaisseur) ou fibre bois. Le traitement des ponts thermiques passe par une isolation extérieure complémentaire R ≥ 1,5 m².K/W recommandée, avec continuité de l'isolation aux jonctions mur/plancher/toiture. Le respect de ces critères thermiques s'inscrit dans les objectifs de la réglementation RE2020 et du DTU 45.10.
Barrière d'étanchéité et ancrage en pied de mur
La lisse basse doit être désolidarisée de la maçonnerie par une bande d'étanchéité bitumineuse ou EPDM d'épaisseur ≥ 3 mm, avec une remontée de l'étanchéité ≥ 150 mm sur la lisse. L'ancrage des lisses s'effectue par chevilles de diamètre 10-12 mm espacées tous les 60 cm maximum. Cette disposition protège le bois des remontées d'humidité capillaire et garantit la durabilité de l'ouvrage.
Quelle utilisation pratique sur le chantier ?
Sur le terrain, le respect du DTU 31.2 conditionne la couverture par les assurances décennales et constitue une référence pour les experts judiciaires en cas de litige. Les charpentiers, maîtres d'ouvrage et bureaux d'études s'appuient sur ce document pour définir les clauses de CCTP (Cahier des Clauses Techniques Particulières), vérifier la conformité des approvisionnements et contrôler la mise en œuvre. Des logiciels de CAD/CAM et d'abbund intègrent désormais ces règles dans leurs bibliothèques de calcul, facilitant la préparation des éléments préfabriqués et l'optimisation des assemblages.
L'édition de mai 2019 a notamment enrichi la gestion de l'étanchéité et l'intégration des encadrements de baies, ainsi que l'articulation avec les exigences de protection acoustique et de résistance au choc. La partie 1-2 (Critères Généraux de Choix des Matériaux) précise les spécifications des bois de construction, bois de menuiserie et assemblages, en référence aux normes NF EN 14081-1 et Eurocode 5.
Les professionnels doivent veiller à la cohérence entre le DTU 31.2 et les autres documents techniques : DTU 45.10 pour les pare-vapeur, DTU 41.2 pour les revêtements extérieurs, ainsi que les Avis Techniques (ATec) lorsqu'ils emploient des systèmes non traditionnels. L'approche normative française, centrée sur le retour d'expérience et la mutualisation des bonnes pratiques, offre un cadre clair aux acteurs de la construction bois.


