Les certifications PEFC et FSC sont les deux systèmes principaux qui attestent qu'un produit bois est issu de forêts gérées durablement et que sa provenance peut être suivie tout au long de la chaîne de transformation. Concrètement, ces deux dispositifs garantissent à l'acheteur final — qu'il s'agisse d'un fabricant de meubles, d'un charpentier ou d'un poseur de placages — que le bois a été exploité dans le respect des fonctions environnementales, sociétales et économiques de la forêt.

Deux systèmes complémentaires, deux logiques distinctes

Les deux certifications ne s'opposent pas : elles répondent à des exigences et à des organisations différentes. FSC (Forest Stewardship Council), fondé en 1994, s'appuie sur 10 principes et 70 critères stricts qui couvrent la protection des écosystèmes, le respect des droits des travailleurs et des communautés locales, ainsi que la traçabilité stricte des produits bois. En France métropolitaine, ce système représente aujourd'hui plus de 120 000 hectares certifiés.

PEFC (Programme for the Endorsement of Forest Certification), créé en 1999, repose quant à lui sur une centaine d'exigences adaptées aux spécificités locales. Le référentiel PEFC intègre le renouvellement des forêts, la biodiversité, la gestion de la ressource bois et la qualité du travail en forêt. Avec plus de 5,7 millions d'hectares certifiés en France, PEFC est le système le plus largement répandu dans l'Hexagone et représente plus d'un tiers de la surface forestière nationale.

  • FSC : 10 principes et 70 critères, orientation internationale, plus de 120 000 ha en France
  • PEFC : une centaine d'exigences, ancrage régional, plus de 5,7 millions d'hectares certifiés
  • Les deux systèmes peuvent se combiner dans une même chaîne d'approvisionnement

Audits indépendants et contrôle des propriétés forestières

La crédibilité des deux systèmes repose sur des mécanismes d'audit rigoureux et indépendants. Pour PEFC, ce sont les entités régionales, regroupées au sein de PEFC Territoires, qui organisent des audits internes sur les propriétés certifiées. Ces entités régionales sont elles-mêmes auditées annuellement par un organisme de certification. Cet ancrage régional garantit une approche adaptée aux réalités locales de chaque territoire forestier.

Du côté FSC, c'est le gestionnaire forestier porteur du groupe de certification qui est audité chaque année par un organisme indépendant tel qu'Ecocert. Il doit justifier de ses pratiques de gestion et améliorer ses objectifs propres, qu'ils soient administratifs, relatifs au dialogue avec les parties prenantes locales ou à la gestion forestière elle-même.

Renforcement des exigences : biodiversité, coupes rases, changement climatique

Les deux référentiels sortent de plusieurs mois d'échanges et de négociations qui reflètent des exigences croissantes sur les enjeux environnementaux. Le nouveau référentiel FSC a été publié en septembre 2025 et poursuit l'augmentation de ses exigences concernant la prise en compte de la biodiversité : les seuils en libre évolution et le nombre d'arbres-habitats vivants identifiés augmentent, la gestion des essences exotiques dans les reboisements est encadrée, et les coupes rases sont davantage réglementées. Le référentiel intègre également le changement climatique et les risques associés.

Le nouveau référentiel PEFC est entré en vigueur en février 2026, avec des modifications structurantes et un renforcement de la prise en compte des enjeux environnementaux : coupes rases, création de zones forestières de haute valeur écologique et transformation des peuplements figurent parmi les points révisés. Cette évolution vise à assurer une convergence progressive entre les deux systèmes sur les sujets de biodiversité et d'adaptation climatique.

Bénéfices concrets pour les acteurs de la filière

Pour les propriétaires forestiers, la certification ouvre des portes concrètes au-delà de la reconnaissance environnementale. Elle donne accès à des subventions publiques où une certification forestière est exigée, permet l'accès à des marchés exigeants et améliore la valorisation du bois vendu. Elle ouvre également de nouvelles opportunités liées à la biodiversité, au carbone ou à l'eau, notamment à travers FSC et les projets « Impacts vérifiés » concernant les services écosystémiques.

Pour les transformateurs et les fabricants — scieries, ateliers de charpenterie ou de menuiserie —, la certification constitue un levier de différenciation et un argument commercial face à des donneurs d'ordre qui intègrent de plus en plus les critères environnementaux dans leurs cahiers des charges. La chaîne de contrôle permet de documenter la provenance du bois depuis la forêt jusqu'au produit fini, un atout décisif pour les marchés publics et les labels de construction durable.

Données chiffrées : l'exemple de Forestry France

Forestry France, gestionnaire forestier certifié, illustre l'application concrète de ces deux systèmes. L'entreprise est porteuse d'un groupe de certification FSC depuis décembre 2023 (code FSC-C183056). Ce dispositif permet aux propriétaires intéressés d'adhérer au groupe et de bénéficier de la certification pour leurs forêts. Forestry France accompagne également ses clients dans leur adhésion au système PEFC via les entités régionales.

Dans les forêts gérées par Forestry France, on compte 3 403 hectares de forêts certifiées FSC via le groupe de certification, répartis sur 10 forêts et 5 propriétaires. 30 % de cette surface sont classés en Haute Valeur de Conservation, 535 hectares sont dédiés à la conservation, dont 128 hectares en libre évolution. Environ 30 000 hectares sont certifiés PEFC, concernant quelque 200 propriétaires.

Ces chiffres témoignent de l'articulation possible entre les deux systèmes au sein d'une même structure de gestion. La coexistence de PEFC et FSC permet de répondre à des demandes variées du marché, tout en garantissant un niveau élevé de performance environnementale et sociale sur l'ensemble du patrimoine forestier géré.